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le rendez-vous syncopal des 7 mètres
Jean Pierre Malamas
BEES2 plongée
Professeur EPS.
Guillaume Néry qui encadre pour le groupe Voyageurs les stages d'apnée
a participé aux derniers
championnats du monde qui se sont déroulés dans la rade de Villefranche sur mer.
Au cours de ces rencontres, il a tenté la performance de -105 mètres en poids constant. C'est à
dire descente à la palme, remontée à la palme.
Lors de son retour en surface il n'a pu montrer l'aisance, la lucidité… que requiert le règlement.
Sa performance, dès lors, n'a pas été officialisée. Pourquoi une telle réglementation, guidée par
quels mécanismes ?
Attention, nul n'est besoin de côtoyer des profondeurs abyssales pour se trouver confronté à ce
problème. L'apnéiste "lambda" n'y échappe pas !
Retour sur les mécanismes qui se cachent derrière cet incident que l'on nomme "le rendez-vous
syncopal des 7 mètres".
Généralités.
La pression partielle (pp) de l'oxygène (O2) dans l'air au niveau de la mer est de
Pp = pA x % ou pA correspond à la pression absolue.
21% x 1 = 0,21 bar
Cette pression partielle est celle de la normoxie. Lorsqu'elle augmente on parle d'hyperoxie,
lorsqu'elle diminue d'hypoxie. Elle varie avec l'altitude et la profondeur. Des expériences ont
montré qu'il y a hypoxie grave avec perte de connaissance lorsque la pression partielle est égale
ou inférieure à 0,10 bar.
Causes
Du fait du jeu des pressions partielles le temps d'apnée sera d'autant plus long que la profondeur
sera grande. Mais une pression partielle qui permet une activité normale à 15 mètres se révèle tout
à fait insuffisante lors du retour en surface.
L'hyperventilation, procédé qu'utilise le plongeur pour reculer dans le temps, la rupture de l'apnée
a pour conséquence essentielle de diminuer la pression partielle du CO2 et non d'augmenter la
pression partielle de l'O2 comme trop souvent on le pense. La pression partielle du CO2 est alors
insuffisante, en fin d'apnée, pour déclencher les chémorécepteurs artériels, responsables du
déclenchement puis de la reprise spontanée des mouvements respiratoires. Pendant cette rallonge de
temps, la pression partielle d'O2 a continué à diminuer surtout s'il y a eu travail musculaire.
Parfois la pression partielle d'O2 lors de la remontée est si basse que le plongeur parcourt les
derniers mètres à demi-conscient et qu'il ne peut réaliser des gestes aussi anodin que de souffler
dans son tuba ou larguer sa ceinture de lest.
Notons d'autre part qu'une succession d'apnées additionne les dettes d'O2 et concourt en fin de
compte à l'hypoxie.
Cette hypoxie se manifeste par une soudaine syncope avec tous les risques de noyade que cela implique.
Dans certains cas quelques symptômes peuvent donner l'alerte tels que:
- une augmentation de l'amplitude respiratoire,
- une difficulté à lire les instruments,
- une certaine confusion mentale.
Traitement
Intervenir le plus rapidement possible pour éviter la noyade qui pourrait faire suite à la syncope
en :
- maintenant la tête hors de l'eau
- facilitant la respiration à l'air.
- S'il y a noyade pratiquer le plus rapidement possible une méthode de ranimation artificielle.
Prévention
Lors de la pratique de la plongée en apnée il faut :
- toujours plonger sous la surveillance d'un camarade en surface,
- limiter l'hyperventilation en surface ou plutôt y renoncer,
- éviter les apnées successives trop rapprochées,
- pratiquer la technique des 2/3 du temps.
Le temps allant du début de l'hyperventilation
jusqu'à l'apparition des troubles (étincelles, vertiges etc…) correspond à la durée maximale de
l'hyperventilation. On prend alors les 2/3 de ce temps pour s'hyperventiler.
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