I - Historique de la plongée des enfants.
De tous temps les enfants ont été intéressés par les fonds sous-marins et la pratique de la plongée libre
n'est pas quelque chose de nouveau. Curieux de nature, ils ont toujours cherché à découvrir par eux-mêmes
ce qui se passe sous la surface de l'eau. Bon nombre de passions sont apparues lors de vacances au bord de
la mer, grâce à un masque et une paire de palmes qui leurs ont permis de descendre à la rencontre de l'inconnu.
L'idée de faire plonger les enfants est quelque chose de très récent dans l'histoire déjà très courte de la
plongée sportive. Les précurseurs de la plongée ont rivalisé d'invention, en adaptant leur propre matériel à
leurs enfants, afin de partager avec eux, leur passion et leur émerveillement. Beaucoup d'entre eux sont devenus
les émules et ont poursuivi l'action de leur père.
Pour l'opinion publique, la plongée est considérée comme une
activité jugée dangereuse réservée aux adultes, qui est restée longtemps influencée par ses origines
professionnelles et militaires. Il est impensable de confier un matériel aussi sophistiqué à des enfants de
moins de 16 ans. Saluons au passage les démonstrations et les entraînements qu'organisait le Commandant Le
Prieur dans les années 1935 dans les piscines parisiennes et à l'aquarium du Trocadéro.
En fait, il faut
attendre les années 60-70 pour découvrir les premières expériences, il s'agit de plongeurs eux-mêmes, souvent
moniteurs ou médecins, c'est à dire une population de plongeurs au fait des risques encourus. Les premières
tentatives structurées datent des années 70-80 et sont à rechercher du côté des expériences des "bébés nageurs"
dévoilées par "Jean Vallet" Professeur E.P.S. à l'Institut National des Sports et le Docteur Guy Azémar. Les
moniteurs accueillant les jeunes enfants utilisent une grande variété de moyens pédagogiques et de matériel dont
des masques, des lunettes, des palmes etc..., et plus tard des bouteilles.
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a) Le mouvement associatif.
La prise en compte par les fabricants de matériel, d'équipements spécialement étudiés pour les enfants a été
le facteur déclenchant pour la pratique des enfants. Les premières combinaisons vraiment isothermes datent de
1980. Jusqu'à cette date, il n'existait qu'une seule sorte de masque et quelques petites palmes. Quand aux stabs
ils n'ont fait leur apparition que dans les années 1990.
En 1979 Henri Pouliquen s'installe en Polynésie avec la ferme intention de faire plonger les enfants dans un
lagon qui s'y prête à merveille: eau chaude, claire poissonneuse et tout cela dans des petits fonds sécurisants.
Depuis cette époque le "Corail Sub Tahiti" ne cessera de se développer. En 1990 il regroupe 190 adhérents dont
les plus jeunes ne sont âgés que de 4 ans.
Le club subaquatique de Carry le Rouet possède lui aussi une longue expérience de la plongée pour les jeunes de
12 à 16 ans qui remonte aux années 1975.
Le club intercommunal de sports nautiques (C.I.S.N.) dans le Val
d'Oise est le premier club de plongée de métropole réservé exclusivement aux enfants. La section plongée a été
créée en 1981 pour les enfants de 6 à 12 ans. Jean Jacques Gauthier qui en assura la direction est
Kinésithérapeute et B.E.E.S.2 de plongée1. Il est à l'origine de nombreuses opérations qui doivent permettre de
déterminer les limites de la pratique pour des enfants (temps, profondeur, fréquence d'immersion).
Des rapports
étroits le lient au service du professeur Rieu à l'hôpital Cochin de Paris. La qualité du suivi permet de
réelles avancées dans le domaine de la sécurité, du matériel et de la pédagogie. Enfin de nombreuses
réalisations le propulsent en avant de la scène aquatique avec des séjours lointains, 70 enfants en Jordanie
en 1988 et à la Guadeloupe en 1991.
Daniel Mercier (véritable précurseur dans le domaine subaquatique) est un des premiers à ouvrir son club
d'Antibes "Le Spondyle" aux enfants.
A partir de 1984, des structures de vacances proposent pour des jeunes de 12 ans des stages d'initiation à la
plongée. C'est le cas de Jeunesse et Marine sur l'île de Croix.
En Novembre 1986, le colloque des instructeurs de l'Ile de France de la F.F.E.S.S.M. réunit à Bendor, centre sa
réflexion sur la plongée des enfants. Il tire comme conclusion que la plongée avec scaphandre ne peut être pratiquée
en dessous de 10 ans et qu'il est peu important de se pencher sur les méthodes pédagogiques. "L'important est d'enseigner
bien et efficacement quels que soient les procédés choisis".
En Février 1987 la F.F.E.S.S.M. organise un colloque en région parisienne dont le contenu touche à la fois les
aspects médicaux, juridiques, pédagogiques. Invité à ce colloque nous intervenons sur le thème de la plongée à
l'école et plus particulièrement la notion d'espaces aquatiques.
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b) Le courant scolaire.
Nous sommes les premiers en 1982 a avoir introduit la plongée dans le milieu scolaire. Parallèlement à notre
action quelques enseignants d'E.P.S. ou de biologie mettent sur pied des P.A.E. (Projet d'action éducative)
qui s'organisent autour de la plongée.
Yvette Tavernier (professeur E.P.S.) et Colette Rabu (professeur de
biologie) emmènent des enfants découvrir, durant trois années consécutives, la faune et la flore bretonnes,
méditerranéennes et de la Mer Rouge. Chaque voyage fait l'objet d'une préparation méthodique étalée sur l'année
et d'un compte rendu sous forme de film ou de diaporama.
A partir de 1989 la fédération assure la promotion de la plongée dans les écoles sous le couvert de "Promotion
Plongée". Animé par Claude Wesly, chef plongeur de la Calypso, premier homme avec Albert Falco a avoir vécu
sous la mer, cet organisme regroupant la fédération et les fabricants de
matériel assure durant toute l'année des opérations de présentation de la plongée dans le milieu scolaire.
c) La structuration et la constitution de l'A.R.P.E.
Le 19 Janvier 1985 a lieu durant le salon nautique de Paris le premier colloque sur la plongée et les enfants.
Il est à l'initiative:
- du S.N.M.P. (syndicat national des moniteurs de plongée),
- de l'A.N.M.P. (association national des moniteurs de plongée),
- de la F.S.G.T. (fédération française gymnique du travail),
- de la F.F.E.S.S.M. (fédération française d'études et de sports sous-marins).
Invité à ce colloque nous développons le thème de la plongée dans le domaine scolaire.
Faisant suite à ce congrès le C.I.S.N. du Val d'Oise organise un stage sur l'enseignement de la plongée aux
enfants afin de regrouper les intervenants qui jusqu'alors interviennent individuellement. A la fin du stage,
la décision est prise de fonder une structure permanente dont le rôle consiste à coordonner et diffuser les
informations, à organiser chaque année un stage de formation, à publier des cahiers techniques etc...
L'A.R.P.E.2 est officiellement créée en 1986. René Béretz en assume la présidence depuis la date de création
et
Jean pierre Malamas la présidence honoraire.>br>
Chaque année, un stage regroupant une trentaine de stagiaires est organisé à l'automne. De nombreux
conférenciers se succèdent parmi lesquels des moniteurs de plongée, des chercheurs du sport, des professeurs
d'éducation physique etc... Les thèmes abordés concernent tout à la fois la pédagogie, la médecine,
le matériel... Des séances pratiques avec des enfants ont lieu en piscine concrétisant ainsi les exposés
théoriques.
L'A.R.P.E. est à l'origine des Journées européennes de la plongée des enfants mises en place en Mai 1991. Dès
la première année elles ont regroupées 150 enfants de 6 à 16 ans et 60 adultes pendant 5 jours à
Banyuls-sur-mer. La plongée enfant prend une grande importance et s'exporte à l'étranger.
L'A.R.P.E. rencontre un énorme succès en France et dans tous les pays francophones (Belgique, Suisse, Québec,
Italie).
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II - L'évolution de la plongée.
L'histoire de la plongée est étroitement liée à l'invention et au perfectionnement du matériel.
C'est au XXème
siècle que revient le mérite d'avoir ré-inventé le scaphandre autonome, ainsi que tout le petit matériel auquel
Léonard de Vinci avait songé.
Ainsi en 1926 Yves Le Prieur exécute à la piscine des Tourelles à Paris une plongée étonnante grâce à une réserve
d'air de 10 mn. Il est équipé de petites lunettes, d'un embout et d'un pince-nez. Le scaphandre Fernez-Le
Prieur est né, il pèse 10 kg.
En 1933 conscient des lacunes, il complète son invention par un masque qui englobe
tout le masque. L'air y arrive en légère surpression et s'en échappe sur le côté.
En 1934 une démontration a lieu
dans l'aquarium du Trocadéro, une année plus tard est créé le premier club de plongée, c'est le Club des
Scaphandriers.
En 1935 les palmes, abandonnées depuis Léonard de Vinci voient leur "renaissance" grâce au Commandant de Corlieu.
En 1938 Maxime Forjot dépose le brevet d'un masque en caoutchouc.
En 1939 c'est Alec Kramarenko qui complète
l'équipement avec le brevet d'un tube respirateur à valve interdisant l'entrée de l'eau, ancêtre de notre tuba.
La guerre et ses conséquences vont apporter une révolution dans le perfectionnement du matériel.
En 1942,
Cousteau s'associe à un ingénieur Emile Gagnan qui est spécialisé dans les détendeurs pour gaz comprimé.
Le rationnement de l'essence a imposé la recherche de nouvelles énergie pour les automobiles. c'est le temps
des voitures à gazogènes. Le détendeur Cousteau-Gagnan est mis au point; il permet de respirer de l'air comprimé
à la pression ambiante qui est fourni à la demande. La plongée dans l'espace proche est enfin devenue libre et
facile.
A la fin de la guerre le G.E.R.S.3 est créé. Il participe au déminage des côtes de la Méditerranée.
Dirigé par le Commandant Philippe Tailliez il se compose du Lieutenant de vaisseau Cousteau et du contractuel
civil Dumas. Ces trois hommes ont accompli un travail fabuleux tant au plan militaire qu'au plan civil pour la
connaissance de la mer. C'est grâce à leur courage, à leur passion et leur ingéniosité que la plongée est
devenue aujourd'hui si populaire et que la vie mystérieuse des eaux commence à être connue et respectée.
Ainsi que nous le voyons l'histoire de la plongée est récente, 50 ans. D'autre part elle est totalement liée à
la pratique professionnelle et à la pratique militaire. La pratique de la plongée correspond à une certaine idée
d'aventurier... C'est dans ces antécédents qu'il faut chercher le refus que certains mettent à ouvrir la
plongée à d'autres publics.
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III - L'enfant, la plongée et le droit
Pour l'opinion publique, la plongée sous marine merveilleusement médiatisée par les films de Cousteau, reste
le privilège des adultes. Mais les adultes qui plongent rêvent de faire partager leur passion à leurs enfants
car eux savent que la plongée n'est pas une activité plus dangereuse que le ski, le rugby ou les sports de
combat.
D'autre part l'apparition sur le marché d'un nouveau matériel adapté aux enfants a fait naître de nouvelles
vocations.
Il est bon de savoir, dans un premier temps ce que le juriste met sous le terme "enfant". Le droit connaît
le mineur de 18 ans qui doit être représenté par ses parents ou ses représentants.
L'ensemble des associations sportives, clubs de plongée inclus, acceptent les mineurs à partir de 16 ans, s'ils
ont une autorisation parentale.
En fait le problème est de savoir comment juridiquement va-t-être considéré le mineur de moins de 16 ans
lorsqu'il plonge. Car si on peut dans certains cas assimiler physiquement des adolescents de 16/18 ans à des
adultes, en dessous de cet âge l'assimilation est impossible. Par ailleurs il est bon de noter que le ministère
de la jeunesse et des sports classe la plongée parmi les six sports à risques.
a) L'aptitude de l'enfant.
La loi du 16 Juillet 1984
Il ne s'agit pas d'une aptitude médicale, mais bien d'une aptitude juridique à s'inscrire dans une association
en vue de pratiquer une activité physique. La loi du 16 Juillet 1984 relative à l'organisation et à la promotion
des activités physiques et sportives4 nous apporte un certain nombre de réponses.
L'article 1 reconnaît que les
activités physiques et sportives constituent "un facteur important d'équilibre, de santé et d'épanouissement"
et sont "un élément fondamental de la vie sociale". "Leur pratique est ouverte à chacun quels que soient son âge
et ses capacités".
Cette loi s'appliquent dans le cadre des associations loi de 1901 c'est à dire sans but
lucratif. Ces associations sont regroupées en fédération au sein desquelles elles ont le pouvoir de fixer des
règles techniques et déontologiques parmi lesquelles figure l'âge minimum d'adhésion de leurs participants.
En
1980, l'âge minimum fixé par la fédération est de 14 ans, une dérogation médicale
peut l'abaisser à 12 ans.
Depuis 1994 l'âge minimum est porté par la F.F.E.S.S.M. à 8 ans avec des contraintes
médicales très sévères concernant la visite médicale de non contre indication. Les clubs doivent contracter
obligatoirement une assurance en responsabilité civile qui couvre à la foie le club et les pratiquants.
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b) Le mineur de moins de 18 ans
i. Ainsi que nous venons de le voir le mineur est habilité à s'inscrire auprès d'une association sous réserve de
présenter une autorisation parentale (ou de son représentant légal). L'article 3 de l'arrêté du 26 Mai 19835
l'oblige à posséder un certificat médical de non contre-indication délivré par un médecin habilité. Il n'existe
pas de texte particulier concernant la visite médicale des jeunes, mais il est certain que l'examen s'adressant
à un mineur devra être particulièrement minutieux.
ii. Les parents qui donnent l'autorisation à leur enfant de pratiquer un sport à risques engagent leur
responsabilité si ce sport n'est pas de leur âge ou s'il est pratiqué dans des conditions dangereuses.
L'autorité parentale suppose une obligation de surveillance et d'éducation qui fait peser sur les parents une
présomption de faute. Ils en seront dégager s'ils sont en mesure de démontrer qu'ils se sont comportés en
personne prudentes et attentives et qu'ils ont agi pour que l'enfant se conduise de même6.
Si l'enfant cause un dommage, les parents ne peuvent en être rendu responsable si l'activité est pas en rapport
avec l'âge de l'enfant. Par contre les parents seront tenus pour responsable si:
- le mineur pratique dans des conditions dangereuses,
- si la pratique à lieu sans leur consentement,
sauf s'ils peuvent faire la preuve de leur bonne foi.
Ce point est particulièrement important quand on sait que l'enfant est considéré comme un être, en pleine
évolution, dont on ne peut pas prévoir le comportements et risquant de causer des dommages à lui-même ou à des
tiers.
iii. La responsabilité du mineur face au matériel qui lui est confié porte soit sur:
- la faute commise7,
- la garde ou l'usage du matériel qui a causé le dommage.
Il est convenu que du matériel sportif peut être confié à des enfants, auquel cas c'est l'enfant qui est
responsable, mais si le matériel n'est pas en rapport avec son âge c'est le club qui sera incriminé. Si les deux
responsabilités sont retenues, elles sont dites "solidaires et la victime pourra s'adresser à l'un ou à l'autre
(l'enfant ou le club) à charge pour celui qui a payé de se retourner contre l'autre débiteur.
A la lumière de ce qui précède, on peut dire que l'enfant au sein d'une
association n'est pas un adhérent normal et que son comportement va engager la responsabilité de tous les
acteurs (club, parents, moniteurs etc...), et ceci d'autant plus que l'enfant est jeune.
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c) La protection de l'enfant.
Un enfant en plongée est en danger, il convient donc d'assurer sa sécurité. La nature de la responsabilité qui
pèse sur le centre de plongée est fonction du lien qui lie le centre à l'élève.
Le club de plongée a pour
obligation principale de lui apprendre à plonger. Cet acte pédagogique est complexe et la plongée un sport
dangereux.
La jurisprudence est unanime pour reconnaître une obligation de moyens en ce qui concerne le respect
de la sécurité.
Dans un arrêt de 1980, la cour d'appel de Poitiers distingue deux obligations pour un club de
plongée:
-une obligation de sécurité préventive qui se traduit, par la mise à disposition de matériel en bon état, par
le rappel des consignes de sécurité, par une constitution des palanquées respectent le niveau des plongeurs.
-une obligation de secours d'urgence se traduisant:
*par la présence d'une personne compétente pour déplacer le bateau, pour donner des conseils à un plongeur en
difficulté, et pour assurer les premiers soins,
*par la mise à disposition d'un matériel de réanimation à l'O2 en parfait état de fonctionnement.
*par la mise en place d'un plan d'évacuation vers le centre hyperbare le plus proche.
Aux yeux de la cour, l'obligation de sécurité est une obligation de moyens. Dans ce cas il y a présomption de
responsabilité sana que la victime ait à prouver qu'une faute a été commise.
Pourtant en 1965, c'est le cas inverse qui se produit, le tribunal de grande instance reconnaît "la plongée
comme une activité difficile qui nécessite un personnel très compétent devant prendre des mesures essentielles
pour assurer la sécurité". En conséquence l'obligation de sécurité né du contrat entre l'élève et le club ne
peut être assimilé à une obligation de moyens. La victime doit alors prouver la faute et apporter la preuve d'un
manquement à l'obligation de sécurité née du contrat.
Quels enseignements peut-on tirer pour la plongée des enfants de ce qui précède?
La plongée étant reconnue comme une activité à risques, l'obligation de moyens réclamée au centre sportif sera
plus élevée pour des enfants que pour des adolescents ou des adultes. Dans tous les cas le fait de faire plonger
des enfants sera considéré comme une circonstance aggravante des accidents car la plongée est une activité à
risques et que les mineurs de moins de 16 ans nécessitent une protection plus importante. La jurisprudence,
dans le cas d'activité de loisir incombe très souvent la faute au centre quand il s'agit de mineurs, alors s'il
s'agit d'activités à risques!
En résumé on retiendra que:
- cette activité est autorisée,
- des précautions particulières préalables doivent être prises (visite médicale)
- un encadrement spécial s'impose
- une assurance couvrant tous les risques est indispensable
- la jurisprudence sera toujours plus dure lorsqu'il s'agira de faire plonger des enfants car le comportement
d'un enfant est imprévisible donc dangereux pour lui et pour les autres et que le matériel de plongée qu'il
manipule n'est pas en rapport avec son âge.
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IV - La médecine de la plongée pour les enfants.
Les questions que se posent le pédagogue qui souhaitent faire plonger un enfant en toute sécurité sont de trois
ordres:
- à partir de quel âge un enfant peut-il plonger?
- dans quel espace faut-il évoluer?
- combien de temps doit-il rester?
Le manque de recul par rapport à la plongée des enfants à longtemps installé le corps médical dans une position
d'abstention. L'enfant est un individu possédant ses propres lois physiologiques. Les conséquences de la plongée
sur un adulte et sur un organisme en phase de croissance sont bien différentes.
a) La visite médicale.
La visite médicale de non contre-indication est obligatoire. Celle-ci sera plus minutieuse pour un jeune que
pour un adulte. Il est souhaitable qu'elle se réalise en présence des parents afin de pouvoir apporter des
réponses à des questions parfois très précises et afin de noter le degré de motivation de l'enfant. L'examen
ORL fera l'objet d'une attention toute particulière.
b) Les risques particuliers.
i. L'âge minimal.
Sans conteste l'appareil respiratoire de l'enfant est le facteur qui va définir l'âge minimal de pratique.
Le développement pulmonaire s'effectue durant la période de croissance: les structures alvéolaires qui permettent
les échanges alvéolaires acquièrent leur maturité vers l'âge de 8 ans.
Le bon fonctionnement de l'appareil respiratoire nécessite à la fois une excellente élasticité pulmonaire qui
s'acquiert avec l'âge, et l'absence de résistances à l'écoulement de l'air. Chez l'enfant de 7 ans, il y a risque
de fermeture
complète des conduits bronchiques par simple immersion et possibilité d'emprisonnement de l'air dans les
alvéoles. Si les propriétés d'élasticité du
parenchyme pulmonaire sont moins grandes, ce qui est le cas chez des
enfants plus jeunes, le risque est encore plus grand. Le fait d'immerger un enfant augmente la pression ambiante
donc les résistances bronchiques dues à l'écoulement de l'air.
* enfant en dessous de 7/8 ans.
Les risques de piégeage gazeux sont importants car c'est une période où le parenchyme pulmonaire est peu
élastique, et les résistances à l'écoulement de l'air élevées. Les conséquences peuvent aller de la simple
sur-distension pulmonaire jusqu'à la surpression pulmonaire. Il est imprudent de laisser plonger des enfants
avec bouteille avant 7 ans.
* de 8 ans à l'adolescence
Les résistances à l'écoulement de l'air, dues à l'augmentation de la pression ambiante, sont susceptibles
d'augmenter le volume de fermeture donc de provoquer une distension ou une surpression pulmonaire. Il est
donc impératif de limiter la profondeur afin de limiter la pression ambiante. Nous retiendrons de ne pas
dépasser 5 mètres avant 10 ans et 10/12 mètres jusqu'à 12 ans, pour arriver à 15/20 mètres vers 15 ans.
Le temps de la plongée doit rester dans la limite de la courbe de sécurité. Ce temps doit également tenir
compte de la fonction de thermorégulation de l'enfant. Sa faible couche de graisse l'expose plus que l'adulte
à une certaine déperdition calorifique.
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ii. Le développement psychologique.
L'enfant est considéré comme un être immature. 6/7 ans correspond à l'âge de raison. La maturation émotionnelle
est un facteur à prendre en considération. Une réaction d'affolement mal maîtrisée peut avoir des conséquences
tragiques sur l'enfant mais également sur ses partenaires.
Afin que l'enfant puisse être acteur de sa propre formation, il est important qu'il comprenne ce qui lui est
demandé donc qu'il accède à un certain degré d'intelligence.
Afin de tenir compte des particularités pulmonaires, il ne nous paraît pas souhaitable que l'enfant plonge avant
7 ans.
iii. La croissance osseuse
Les risques sur la croissance osseuse qui ont été mis en avant pendant de longues années pour écarter les
enfants de la plongée ont été très largement surévalués. Les travaux réalisés n'ont pas permis de mettre en
évidence de risque de dégazage sur les noyaux d'ossification. Par ailleurs la grande vascularisation des
cartilages de conjugaison placent ceux-ci dans une catégorie de tissu de période plus courte que l'os des adultes.
La formation d'embols gazeux au niveau des tissus est toujours possible, comme pour n'importe quel plongeur.
Les médecins doivent donc toujours être méfiants par rapport à un quelconque retard de croissance chez un jeune
plongeur.
L'évolution des tables de plongée.
C'est à Paul Bert (entre 1870 et 1878) que l'on doit les premières recherches sérieuses sur le rôle de la
dissolution de l'azote dans les accidents appelés: "mal des caissons". Ces travaux ont été consignés consignées
dans son ouvrage "la pression barométrique". Paul Bert préconisait une vitesse de remontée lente et malgré
cela les accidents survenaient tout de même.
Ce n'est qu'en 1907 que les travaux de John Scott Haldane conduisent à l'établissement des premières tables de
plongée. En 1943, la marine américaine publie les premières tables en s'appuyant sur les travaux de Haldane.
Ce sont ces tables que la Marine Nationale transcrit dans le système métrique en 1949.
Le but des tables de plongée n'est pas de supprimer l'apparition des bulles dans l'organisme, qui sont
inévitables mais de contrôler et de gérer au mieux leur évacuation. Accepter de plonger c'est accepter de
prendre un risque. La remontée d'une plongée implique une prise de risques. Le problème pour chacun est de
savoir jusqu'où il est prêt à aller dans cette prise de risques uniquement pour se faire plaisir. L'importance
des risques pris lors de la remontée est liée à l'utilisation des tables, ils en existent de plusieurs sortes,
qui ne sont pas toutes équivalentes. Il est décisif de se déterminer pour l'une ou pour l'autre en toute
connaissance de cause.
La morphologie des plongeurs, leur condition physique bien différente sont des paramètres qui vont
considérablement influer sur les mécanismes de saturation et de désaturation. On ne peut raisonnablement
envisager des procédures s'adaptant individuellement à chaque plongeur. Par contre, il est possible de
regrouper les individus pour constituer une population à laquelle on fixe des règles comportementales.
Cette démarche permet alors d'envisager le traitement de la décompression non pas au cas par cas mais
collectivement en considérant la population des plongeurs. Ainsi à partir d'une banque de données suffisamment
fournie, le comportement de la population choisie peut être parfaitement défini par une simple analyse
statistique.
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Les tables de plongée à notre disposition en 1975 ont été élaborée plus particulièrement pour les militaires et
les scaphandriers. Nous sommes loin de la population des plongeurs sportifs et encore plus des enfants!
Il s'agit des tables de la Marine Nationale de 1965 (tables GERS8 65) qui sont la juxtaposition des tables
américaines pour les profondeurs comprises entre 15 et 38 mètres et des études de la Marine Nationale pour les
profondeurs de 40 à 85 mètres. Malheureusement ces deux tables ne se raccordent pas exactement et offrent dans
la zone des 40 mètres une discontinuité dans la courbe sécurité.
En France, l'utilisation de tables pour la pratique de la plongée sous marine de loisir n'est pas réglementée à
l'inverse de la plongée des militaires ou de la plongée professionnelle, de telle sorte que chaque plongeur peut
adopter la table qu'il veut.
1975 /1980 coïncide avec l'apparition d'une population de plongeur loisir, qui abandonne les tables GERS 65 de
la Marine Nationale, dont on soupçonnait la fiabilité pour certains domaines de durée et de profondeur, pour les
tables du Ministère du travail publiées en 1974. Celles-ci ont été testées sur des chantiers sous-marins des
sociétés Comex et Doris. Ces plongeurs considèrent que leur condition physique et que le type d'effort qu'ils
réalisent au fond sont moindres mais similaires à ceux des plongeurs
professionnels, et qu'en conséquence en utilisant des tables plus pénalisantes, ils vont dans le sens de la
sécurité.
Durant la période allant de 1965 à 1985, la Marine Nationale constate statistiquement une augmentation du
nombre d'accidents de décompression pour des plongeurs ayant parfaitement suivis les procédures de remontée de
la table GERS 65. Elle propose donc en 1990 une nouvelle table qui va concerner la population des plongeurs en
activité dans la Marine Nationale comme elle l'indique dans le préambule de présentation de ces nouvelles tables:
"Elle est applicable au personnel militaire de la Marine, dans le cadre de ses missions, à l'exclusion de tout
autre utilisation...... Ces tables pourraient fort bien ne pas convenir hors de ce contexte. A l'évidence ces
tables ne sont pas établies pour le public très large qui pratique la plongée sous marine de loisir". Au moins
la Marine Nationale a le mérite d'être claire! Mais alors vers qui vont se tourner les plongeurs de loisir?
En 1992, le ministère du Travail publie ses tables de plongée sous la forme d'un arrêté au journal officiel du
26 Juin 1992. Elles ont été mises au point par la COMEX. Ces tables doivent utilisées par tous les salariés, y
compris les moniteurs de plongée, intervenant en milieu hyperbare9.
Qu'en est-il pour les enfants? Les choses n'ont pas évolué depuis 1980. Il n'y a toujours pas de tables calculées
pour une population d'enfant. Les précurseurs de la plongée des enfants ont conçu de telles tables en
s'interdisant absolument les plongées à palier.
| Age |
Profondeur |
Durée |
NB de plongées par jour |
| 7-8ans |
2/3m |
10m |
1 |
| 9-10ans |
3/5m |
15m |
1 |
| 11-12ans |
5/8m |
20m |
1 |
| 13-14ans |
8/10m |
25m |
1 |
| avant puberté |
15m |
30m |
1 |
| après puberté |
15/20m |
30m |
2* |
*Si l'adolescent fait deux
plongées par jour la durée de la seconde doit être inférieure à la première
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