FIL ROUGE A LYON
EGYPTE , NIL, NUBIE, SOUDAN
UNE CROISIERE SUR LE SS SUDAN EN 1920
A la Belle Epoque, une croisière sur le Sudan dure 20 jours : c’est un aller-retour complet, du Caire à Aswan, on remonte, puis on
resdecend le Nil. Le prix est de 70 £, tout compris, même les bakchichs mais pas les entrées dans les monuments. Il est vrai que le
Gouvernement de l’Egypte demande le paiement d’une taxe fixe de 24 shillings quel que soit le nombre de monuments visités et délivre
une carte d’entrée nominale dans un bureau spécial.
Le Sudan quitte Le Caire le mercredi à 10 h du matin. Dès après le déjeuner, on visite Memphis, les touristes étant transportés sur
les sites à dos d’âne. Mais on ne rigole pas : il est interdit de descendre du bateau tant que les ânes ne sont pas arrivés. Il ne
s’agirait pas que les clients de la maison Cook puisse dépenser bêtement leur argent. Quelle que soit l’impatience, il faut attendre
que sonne la cloche pour débarquer. La première nuit se passe à quai à Wasta.
Le jeudi, journée calme, le Sudan va de Wasta à Minia ce qui représente tout de même près de 160 kilomètres. Il s’amarre tous les
soirs pour éviter les dangers de la navigation de nuit. Il n’empêche que le règlement de bord stipule une extinction générale des
feux à 23 h 30.
Le vendredi, les voyageurs n’ont droit qu’à une « petite » excursion aux grottes de Speos : il faut quand même chevaucher un âne
pendant trois quarts d’heure pour y arriver. Et le Sudan s’amarre à Manfalut.
Le quatrième jour, inversion des rôles. Le bateau ne va pas plus loin qu’Asyut, à une petite cinquantaine de kilomètres. Les
voyageurs, eux, ont droit à l’excursion des tombes d’Hapsefai et Khet : une heure de chevauchée pour grimper au sommet de la
montagne. Les prospectus de Cook préviennent qu’il s’agit d’une des plus belles vues sur le Nil et qu’il faut absolument y aller.
Le dimanche repos pour une remontée du fleuve sur près de 160 km jusqu’à Girga. Et encore près de 120 km le lundi pour atteindre
Dendera, en passant devant Abydos, mais la visite du site est programmée pour le voyage retour.
Bonne surprise pour le septième jour : on va à dos d’âne jusqu’au temple de Dendera et on continue de la même manière jusqu’à Karnak
et Luxor où le bateau attend les voyageurs. Le programme, tellement précis d’habitude, omet soigneusement de donner le temps
nécessaire à cette randonnée. A en juger par les autres balades, trois heures semblent un minimum. Qu’on se rassure, dans ces cas,
le lunch était ponctuellement servi à 13 h sous des tentes dressées pour l’occasion.
A Luxor, on s’arrête trois jours pour un programme de visites sans interruption. Le mercredi, Karnak le matin, Luxor dans
l’après-midi. Le jeudi, Vallée des Rois, Temple d’Hatchepsout, Ramesseum et colosses de Memnon. Le tout à dos d’âne, bien entendu.
Heureusement, il est précisé que le lunch sera servi dans le Chalet Hatchepsout, construit spécialement par Cook pour permettre
aux voyageurs de prendre leur lunch et de se rafraîchir. Il est vrai que, partis du bateau à 9 h du matin, les passagers n’y
reviennent qu’après 17 h. La vallée des Reines a été gardée pour le vendredi matin.
Le onzième jour, croisière de Luxor à Edfu avec visite du temple et le dimanche, on atteint enfin Aswan où deux jours d’escale sont
prévus. Grâce à Dieu, Elephantine et Philae sont visités en barque. On se plaît à imaginer que les voyageurs appréciaient ce repos.
Le mercredi, quinzième jour, porté par le courant, le Sudan faisait Aswan-Luxor d’une seule traite (il lui faut trois jours
aujourd’hui, mais il n’a plus l’allant de sa jeunesse et le courant est moins fort puisque le voyage de retour ne demandait que six
jours de navigation pour revenir au Caire). Un seul arrêt est prévu, celui d’Abydos avant que les pssagers ne rejoignent le Caire
le soir du vingtième jour.
En 1930, le Sudan pouvait accueillir 80 passagers. On imagine le travail des guides et interprètes qui devaient veiller sur ces 80
personnes dont un bon nombre de dames anglaises que l’on juchait sur des ânes égyptiens, robustes et serviables, certes, mais tout
de même, trottiner ainsi du Nil au fond de la Vallée des Rois dans un environnement de chapeaux à fleurs, de crinolines et d’
ombrelles sous un soleil pas toujours tendre, ce n’est pas vraiment un destin d’âne, même égyptien. Pas non plus un destin d’ânier
obligé de se souvenir que les paquets qu’il transporte ainsi protesteront à grands cris s’il utilise avec ses ânes les arguments
habituels. Ces expéditions devaient être vraiment hautes en couleurs !
Heureusement, le service et le confort à bord étaient tels que les souffrances des excursions se laissaient facilement oublier.
L’armateur avait prévu des salons pour jouer aux cartes et au backgammon, une salle de repos et même, tout à l’avant du bateau,
une salle de dessin où les ladies anglaises pouvaient s’adonner à leur art favori, l’aquarelle. Les messieurs avaient à leur
disposition un fumoir où les serveurs leur apportaient leurs boissons favorites, whisky et porto.
En cas de difficultés, le médecin de bord disposait d’une infirmerie équipée de matériel de petite chirurgie mais tout était prévu
pour éviter les désagréments : une chambre froide permettait la conservation des aliments et l’eau était régulièrement mise à
bouillir dans une salle spéciale.
Le bateau était tout aussi bien traité que les passagers. Un ingénieur se trouvait en permanence à bord afin de permettre les
réparations d’urgence et la basse saison, en été, quand les eaux du Nil étaient à l’étiage, se passait en carénage et petites
réparations à l’arsenal de Boulaq.
Certains passagers utilisaient la ligne jusqu’à Aswan seulement, puis changeaient de bateau pour rejoindre Khartoum et de là,
l’Uganda puis le Kenya. Là, les documents de Cook se font moins précis : on indique seulement qu’il faut compter de onze à dix-sept
jours pour aller de Khartoum à Kampala.
Conférence + cocktail : 8 € par personne
Réservation obligatoire : Emmanuel BOUTAN – 04 72 56 94 50
Pour connaître le programme des dîners et cocktails conférences, consultez le calendrier des conférences Voyageurs
2004/2005
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