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de Voyageurs Plongée...
 
« Histoire des Voyages »

Pour le plaisir, Voyageurs du Monde met à votre disposition, notes et récits de voyages, images anciennes, afin de vous aider à mieux connaître et comprendre les plaisirs et les peines de ceux qu'on appelait avec envie « les touristes ».
Découvrez l'ambiance d' une croisière sur le SS Sudan en 1920

Pratiquement dès sa naissance, la photographie est devenue compagne du voyageur.
Equipements lourds, technique difficile, les premières années sont les années du paysage et du monument, peut-être sous l’influence des peintres de Barbizon. La photographie accompagne le développement du sentiment et de la pratique patrimoniale.

A la fin du XIXème siècle se profile un double virage : les photographes cherchent l’anecdote et les types humains et les imprimeurs découvrent les moyens techniques de reproduire les photographies dans les journaux. La photographie de voyage est désormais accessible à tous.

Les librairies VOYAGEURS DU MONDE ont mis en place un partenariat avec les archives du journal L’ILLUSTRATION afin de diffuser les images de ces temps héroïques. Sélectionnées sous la responsabilité de Benoît Gineste, responsable de la librairie de Paris, soigneusement tirées à partir des négatifs originaux, ces photos, au format approximatif 24 x 30 cm, sont à la fois d’étonnants documents et des éléments décoratifs de haute qualité.

La photo sous passe-partout non encadrée : 95 €
La photo encadrée : 135 €

Pour l’instant, seules les librairies de Paris et Lyon exposent ces photos.

1er reportage :

La Chine, de Ci Xi à Mao Zedong

Le second :

L'afrique dans tous ses états

LE PROGRES ET L’INDIGENE

De la découverte de la photo à son utilisation dans la presse de voyages, il s’est écoulé près de 70 ans.
C’est seulement dans les années 1890 que Le Tour du Monde commence à publier régulièrement des photos. Il faudra attendre encore trente ans pour que la presse cesse d’utiliser les services de dessinateurs-graveurs.

La période qui va de 1890 à 1940 représente à la fois le début et l’apogée de la photographie de voyages car c’est la seule où la photo n’est que témoignage. Dans la seconde moitié du XXème siècle, elle va acquérir un statut autre : peu à peu, la photo devient tentation car le voyage se démocratise. On peut espérer la refaire. Naît alors le concept de photojournalisme pour bien distinguer l’instantané, la photo d’un événement qui ne se reproduira plus.

Dans la période qui nous occupe, rien de tel : tout est événement. On n’imagine pas que quelqu’un puisse, un jour, refaire la photo de telle cérémonie animiste ou même d’une anonyme pileuse de mil. Tout est événement et tout est témoignage car les photographes, imbus de la supériorité de l’Occident, se croient les derniers témoins d’un monde qui va disparaître bien vite. Le Progrès est en marche.

Le journal L’Illustration est un parfait symbole de ce temps. Ses photographes offrent à une France fière de ses colonies et ce qu’elle appelle sa « mission civilisatrice » les images dont elle a besoin. Avec le recul, on peut les trouver dures ou naïves, mais là n’est pas l’essentiel. Que ces images véhiculent une idéologie n’est pas douteux. Que cette idéologie soit colonialiste est absolument évident, et tout d’abord parce qu’entre 1900 et 1930, il n’est pas, vis-à-vis des pays lointains d’autre idéologie que colonialiste. Quelques intellectuels (Albert Londres, André Gide) ont commencé à refuser cet état de choses mais ils sont rares et moqués.
L’intérêt de ces images anciennes est autre: elles sont les premières pierres d’une construction intellectuelle un peu perverse, le stéréotype. A travers elles, commence à émerger dans l’imaginaire occidental (français pour ce qui nous occupe, mais il en va de même dans les autres pays occidentaux) une Afrique figée où les indigènes sont de puissants chasseurs aux épouses graciles, une Asie grouillante de coolies affublés d’une natte, une Amérique où rodent les bisons…. C’est le monde de Tintin : « Nous voici à Shanghai, mon vieux Milou » car tous les lecteurs de l’Illustration savent déjà tout de Shanghai.

Que nous le voulions ou non, c’est encore notre monde. C’est le même cimetière des éléphants chanté par Eddy Mitchell qui sert de cadre à la photo de Georges-Marie Haardt pendant la Croisière Noire. L’imaginaire a la peau dure…. Les récits qu’illustrent ces images ont façonné notre vision du monde.

Nous avons fait un choix dans les archives de l’Illustration. Comme tout choix, celui-ci est discutable. Certaines images sont dures. Nous avons été guidés par deux principes : il fallait que l’image soit esthétiquement intéressante et nous la voulions expressive. Expressivité d’un temps où le monde n’était pas encore un terrain de jeux, mais toujours source de conflits.